De quoi parle-t-on quand on parle du look good girl ?

Lancée dans les années 80 la mode good girl allie les styles vestimentaires masculins et féminins de l’époque. Les femmes continuent d’imposer leur androgynéité en matière de mode en piquant une fois de plus dans la garde robe des garçons ! Le look good girl frappe encore auprès des plus grands magazines de tendances. Cependant, son retour emprunte des codes bien différents ; Il s’amuse avec la subtilité des carreaux, des rayures, des matières comme le tweed mais aussi des volumes exagérés intentionnellement. Elégant mais nonchalant, ce style est le reflet d’une femme à la fois sûre d’elle et anticonformiste.
Une petite idée du look good girl.
On est toutes unanimes, une veste de tailleur bien coupée c’est sexy et toujours de bon goût ! Néanmoins, il y a des erreurs stylistiques à ne pas faire, comme opter pour un ensemble trop guindé ôtant toute sa valeur ajoutée à la pièce ! À travers ce look, on découvre une veste aux dégradés de gris et au motif pied de poule ; une tendance rétro inébranlable et intemporelle. Une coupe cintrée et un col tailleur renforçant l’aspect smart ; parfait pour donner à nouveau du « peps » à vos tenues. Cela est intéressant d’avoir une jolie pièce mais encore faut il avoir plaisir à la porter ! C’est là que la magie opère, une composition associant coton et polyester apportant légèreté, chaleur et confort. Les nuances de gris de la veste sont mises en valeur par un T-shirt oversize blanc à manches longues. Un col V échancré laisse entrevoir subtilement tous les charmes de la féminité. L’imprimé noir à l’effet peinturé en son centre, offre un côté artiste et travaillé. Une pièce forte et polyvalente se portant aisément sur un jean brut ou délavé ou encore rentré dans une jupe taille haute. On l’attendait depuis un moment, le pantalon tailleur à la coupe boyfriend ! C’est vraiment le point fort de la collection, un tombé ample, fluide et moderne. Une coupe fitée sur le bas afin d’équilibrer la silhouette et de susciter la curiosité en dévoilant avec délicatesse les courbes du corps. Composé de laine et de polyester, il est en phase de devenir l’ami des demoiselles frileuses. Une femme est bien souvent déboussolée sans son sac car c’est un grand bazar où l’on trouve tout !
Le look good girl version anglaise sa donne quoi ?
Voilà des fringues qui sont fières d’être anglaises. Le Barbour, la veste Beaufort, le gilet Jacquard, ou encore les mocassins Penny Loafer… Après longtemps avoir déserté nos dressings, ces pièces reprennent du galon. Apportant un je-ne-sais quoi de good girl qui nous plaît tant. Vous avez dit « boring » ? Décryptage de ce phénomène.
La scène se passe en novembre 2010. Le prince William et Kate Middleton annoncent publiquement leurs fiançailles. Photographe attitré : Mario Testino. Une figure phare de la mode d’aujourd’hui. Celui qui a quasiment inventé Kate Moss ou Gisele Bündchen. Même s’il n’est pas sûr que l’engouement créé autour de ce mariage accrédite à lui seul le retour du look good girl anglais, on ne peut s’empêcher de voir dans le come-back, une manifestation de l’état de fascination qu’ont produit les noces de William et Kate. On vous le prouve avec l’arrivée des collections d’hiver dans les boutiques. On a vu des vestes à carreaux chez Sandro, du bordeaux chez The Kooples, des vestes Beaufort avec leur col en velours matelassé chez Zara, des capes à la Sherlock Holmes chez Etam, des jupes plissées écossaises chez Asos… autant dire les pièces basiques d’un vestiaire 100% british. Rien d’étonnant, depuis que nos meilleurs amis s’appellent Penny Loafer, short en velours côtelé et pull jacquard. La mode serait-elle passée à l’heure anglaise ? Ce qui est sûr c’est que les The Kooples & Co semblent avoir été influencés par l’ouverture de leurs nouvelles boutiques en terre britannique. Et se sont appropriés des emblèmes du dress code british. Depuis, les magazines s’extasient devant le look good girl anglais. Comprenez un look surtout pas tapageur et qui a fait ses preuves en traversant le temps. En clair, on achète des imprimés Tartan ou prince-de-galles, un duffle coat : une attitude très tradi qui pourtant se veut révolutionnaire. Pas de doute, le retour du look chasse à courre a sonné le come-back du Barbour. De Londres à Versailles, cette veste en toile enduite a longtemps été l’apanage des « Posh ». Accompagnée d’une flopée de Beagles et d’une paire de bottes en caoutchouc, il figurait parmi les pardessus idéaux pour aller chasser le renard. Coup de théâtre. Au cours de l’année 2008, le Barbour perd ses lettres de noblesse pour gagner en rock attitude. Lily Allen le porte lors du festival de Glastonbury, et cette veste en toile enduite devient vite un it coat. Indissociable du look preppy d’Alexa Chung, la brit girl n’hésite pas à le porter avec une mini-jupe, une marinière et des bottines. Ou encore Karolina Kurkova qui l’associe avec une petite-robe dans sa vie quotidienne. Il est vrai que depuis que la marque s’est offert les services d’Anya Hindmarch, cette veste de chasse a la cote. A la manière d’un Burberry qui a transformé l’imprimé Tartan en motif de convoitise et qui peut se targuer de plus d’un siècle d’existence.
Les éléments clés du look good girl anglais.
Adieu les it girls, place aux Brit’ girls. Bande à part dans la mode, elles sont britanniques et n’hésitent pas à troquer leur perfecto contre une veste Beaufort. On pense notamment à La Roux arborant un vieux Barbour en toile enduite camel sur un slim gris clair, une chemise à pois et des bottes en caoutchouc. Rien à avoir avec du classicisme poussiéreux. Le look se veut un peu dandy. Sans trop le décoincer non plus : le look good girl anglais doit garder un aspect un peu passéiste. Voici trois règles d’or à se remémorer :
1) Pour un look good girl anglais, cap sur les couleurs classiques. Oui au Barbour bleu ou vert bouteille et à la veste Beaufort couleur Bordeaux. Associés à un micro-short ou une mini-jupe. Bref, tout ce qui arrive au-dessus du genou.
2) Le good girl anglais et le cuir, c’est du bon. On mélangera une veste à carreaux avec une mini-jupe ou un slim en cuir.
3) Le good girl anglais au premier degré, ce n’est pas beau. On laisse à la reine d’Angleterre l’accumulation pull jacquard, Barbour et mocassins Penny Loafer, qui risque de nous donner une allure de vraie mémé.
Mais il n’y a pas que le version anglaise du look good girl.
Bandana, chemise à carreaux et converse All Stars en sont les pièces stratégiques, qui permettent d’identifier l’appartenance au groupe. Groupe qui peu aussi se diviser en plusieurs, entre les good girl british et leur petit polo à écusson et les good girl US initiateurs du rap et du skate, et qui portent le jean et le t-shirt flashy agrémenté de quelque gros collier. L’ensemble est plus ou moins le même dans l’idée transporté par une période qui a fait les grandes heures du bandana. Attention de ne pas se fier à la traduction pure et simple, le good girl n’est pas un ringard, et le sweat à capuche zippé continue de se décliner en matière, style et couleurs toujours à la mode, en s’adaptant aux tendances. En fait le look good girl est plus une expression qu’une mode. Il définit l’attirance pour des accessoires et des styles de vêtements portés dans les séries américaines et anglaises des eighties. Banane à la taille, salopette en jean, casquette, teddy et brassière rappellent une mode finalement indémodable. Mais d’autres pièces beaucoup plus classiques en sont les fondations. Ainsi, le gilet jacquard qui a eu ses heures de gloire ressort du placard, le mocassin arpente à nouveau le bitume et le prince Charles serait presque une icône fashion. Des marques émergentes, influencées par le style, les Kooples and cie, notamment, très influencés du british dress code. Le tapage ne passera pas par les good girl, trop bien éduqués. Leur petite révolution se trame en douce et en catimini, réhabilitant un style que l’on pensait désuet.