D'où vient le look lolita ?

La mode lolita est une mode vestimentaire japonaise visible plus particulièrement dans les rues de Tokyo mais qui s'est exportée à travers le monde. La mode lolita comprend elle-même divers courants/branches, dont le sweet lolita, le classical lolita et le gothique lolita pour les plus connus.
Les origines du look lolita.
L'origine du look lolita remonte à la fin des années 1960. Il s'agit de tenues vestimentaires à part entière et cela n'a rien à voir ni avec le cosplay, ni, plus généralement, avec le déguisement. Dans certaines rues de Tokyo, la tenue vestimentaire tient de la performance artistique. Le look lolita a émergée dans le quartier Harajuku de Tokyo, le quartier de la mode où se retrouvent quasiment tous les jeunes japonais au tout début des années 1990 (ouverture du premier magasin Baby, the Stars Shine Bright en 1988). Cette sous-culture vient en réaction face au style apparu peu avant et présent dans le grand centre commercial de Shibuya 109, haut lieu de la mode avec ses huit étages et ses mille boutiques. À l'origine ce style, appelé Kogaru puis shibuya de par sa localisation, va évoluer vers différentes variantes kawaii, ganguro ou yamamba, toutes avec une connotation sexuelle forte ; au contraire, le lolita incarne une jeune fille féminine et innocente. Les Japonais, en choisissant le terme « lolita » pour désigner ce courant vestimentaire, n'ont retenu de l'héroïne éponyme de Vladimir Nabokov que cet aspect féminin et innocent. Les lolitas ont des allures de poupées victoriennes (bien qu'elles acceptent difficilement ce rapprochement avec ces dernières), en évacuant le côté sexuel et ambigu du personnage du roman éponyme. Les Lolitas, gothique, sweet, et autre sont en effet caractérisées par leur aspect lié à la modestie, la pudeur, composante essentielle de ce style. Les « ita » (du japonais itai, qui fait mal) est un terme très cruel et méprisant qu'utilisent certaines lolitas pour désigner celles qui ne parviennent pas à se vêtir selon les nombreuses règles qui régissent cette mode. Les magazines japonais Gothic & Lolita Bible, Homemade Gothic and Lolita, Frill, Parfait, Rococo et parfois Kera ont popularisé la culture gothique Lolita en remplissant leurs pages de photos, de publicités et de conseils destinés à ses adeptes, sans oublier des patrons de vêtements. Mana, star du Visual Kei, anciennement guitariste du groupe Malice Mizer et actuel guitariste du groupe Moi dix Mois, a popularisé le look lolita vers la fin des années 1990 en créant sa propre marque de vêtements Moi-Même-Moitié et les trois styles EGL (Elegant Gothic Lolita), EGA (Elegant Gothic Aristocrat) et GL (Gothic Lolita).
Mais comment reconnaître un look lolita ?
- La jupe en forme de cloche au niveau du genou (gonflée par des jupons). Ce point est à oublier pour les EGA qui portent plutôt des jupes longues et plates.
- Pas de décolleté ! Les chemisiers sont souvent boutonnés jusqu’en haut.
- Les robes sont toujours portées sous une chemise (on parle de blouse ou de cutsew). Evidemment, en cas de forte chaleur, des entorses existent.
- Les jambes sont couvertes, soit de collants, soit de chaussettes environ au niveau du genou. Et pas de chaussettes rayées (hormis pour certains looks).
- La majorité des tenues sont soit unies, soit avec des imprimés mignons et innocents : fleurs, chandeliers, etc.
- Les chaussures sont soit très mignonnes soit assez sobres type babies, les plates-formes sont monnaies courante.
- La matière phare est le coton : pas de synthétique normalement, et surtout pas de vynil, latex ou cuir. De même la dentelle doit être de bonne qualité.
Les différents looks de lolita.
1) Les sweets lolita :
Le look lolita "sweets" est parfois associé à un gros gâteau meringué. Il faut dire qu’avec leurs couleurs pastel, les rubans dans tous les sens et la dentelle à foison on frôle parfois le too much. C’est cependant un des styles les plus répandus et sans doute le plus innocent. On est vraiment dans l’idéalisation de l’enfance et dans les petites poupées victoriennes et/ou Rococo. Les couleurs phares sont le rose bien sur, le bleu ciel mais on trouve aussi du jaune. Le noir n’est jamais majoritaire mais peut être utilisé en couleur secondaire sur une robe par exemple. Les cheveux sont généralement bouclés et relevés avec divers accessoires « mignons ». Les marques à retenir sont : Angelic Pretty , Baby The Stars Shine Bright et Métamorphose Temps de Fille. Bref c’est un style très simple à reconnaître. Le maquillage lui met l’accent sur le nude : invisible ou presque, l’important étant d’avoir l’air « frais ».
2) Les gothiques lolita :
Le style emblématique n’est pourtant pas le plus facile à reconnaître tellement il a été massacré par les européens et qu’il comporte deux évolutions (EGL et EGA). EGL étant la même chose que le GL traditionnel, sauf qu’il autorise des matières un peu plus brillantes (velours, etc). Typiquement, on reconnait le gothique lolita à la forme de la jupe en cloche , et aux matières très sobres. Les cheveux peuvent être bouclés (anglaises) avec des hairdress ou nœuds ou lisse auquel cas on préférera des petits chapeaux. La encore le maquillage doit rester subtil, ce n’est pas du goth européen. Les couleurs sont le noir et blanc (mais on trouve aussi du noir et bleu ou du noir et violet bien que cette dernière combinaison soit beaucoup plus rare). Les motifs peuvent reprendre des motifs « religieux » : croix, cercueil, ou bien de l’architecture gothique. Les marques à retenir sont Atelier Boz ou Moi-même Moitié.
3) Le classicals lolita :
Le classical est une évolution du sweet lolita. On reprend les codes du look lolita sweet mais on ôte un peu de meringue. Les coupes sont plus simples, avec moins de dentelles et moins de rubans. On se rapproche des tenues victoriennes plus sobres. Le style est généralement adopté par des sweets un peu plus âgées. La limite entre les deux est cependant parfois mince. Contrairement au sweet , les couleurs sont moins vives : gris, rouge sombre, etc, sans jamais être trop noires.