Comment porter le look workwear ?

Pour comprendre le look workwear, il faut avant tout comprendre comment celui-ci est né et a évolué. Ce style provient du milieu travailleur, plus particulièrement du milieu ouvrier. Les salariés, que l’on appelle également “cols bleus” par opposition aux cadres, les “cols blancs”, ont longtemps travaillé dans des conditions difficiles, et avaient besoin de vêtements solides, pratiques. Le look workwear s’inspire du vestiaire traditionnel de l’ouvrier américain. C’est-à-dire ? Beaucoup de denim, des chemises en oxford ou en chambray, des tartans, des tweeds, du kaki, du marron, du vert, des coupes confortables et plein de détails pratiques.
À travers la marque Engineered Garments mais aussi la ligne Woolrich Woolen Mills, le designer japonais Daiki Suzuki est le principal artisan du retour de cette esthétique. Il propose des modèles proches des originaux, dans des matières autrement plus luxueuses.
Le look workwear a subi 2 grands types d’influences :
– Une influence issue des métiers qu’exerçaient les travailleurs.
– Une influence d’ordre géographique, avec les deux pays qui ont contribué à l’essor et à l’expansion de ce style : les Etats-Unis et le Japon.
Le look workwear : pragmatique, accessible et confortable.
La plupart des courants de la mode privilégient la fonction esthétique sur la fonction pratique. Le look workwear, c’est l’inverse. On pourrait même dire que c’est sa caractéristique principale : une recherche de simplicité, le côté purement fonctionnel primant la beauté de l’ensemble. Le look workwear, c’est aussi l’amour du vintage et de l’authentique, d’une fabrication “en France” ou “aux USA” ; voire au Japon pour certaines pièces, puisque le Japon possède certains des meilleurs tisserands de denim au monde. Un assemblage de vêtements qui transmet une chose : le temps. Sa patine et son travail. Le workwear a l'avantage de flouter une silhouette par des coupes amples et d’en exacerber la virilité avec des matières authentiques. En plus, le style workwear est confortable, pas besoin d’être un génie pour voir qu’on se sent mieux dans une chemise en flanelle bien épaisse.
Enfin, c’est un style qui, à l’opposé par exemple du style dark, nécessite très peu d’investissement. Evidemment, dès qu’on monte en gamme et qu’on part sur des pièces bien plus durables (ce qui est la raison d’être de ce style), les prix augmentent en conséquence ; mais en termes de pur investissement/durabilité, c’est le style le moins onéreux à acquérir, la plupart des pièces qui le composent étant pensées pour durer.
Comment s’habiller en look workwear ?
Commençons par la base, la chemise. Que vous optiez pour l’option française ou américaine, la chemise est la pièce clé de chacun des deux looks, elle donne une direction vestimentaire.
Côté Hexagone, on trouve le bleu de travail. Il s’agissait à la base d’une combinaison portée par les conducteurs de locomotives et les travailleurs manuels. Peu à peu, les marques comme Marithé et François Girbaud, Agnès B, et plus récemment Junya Watanabe et Dior Homme, s’en sont emparées. Elle est désormais composée de deux pièces distinctes : le pantalon et la veste. Cette dernière est parfaite comme chemise d’hiver ou blouson d’été. Vous pouvez glisser dessous un débardeur ou tee-shirt blanc et tomber la chemise pour un look à la Marlon Brando dans Un tramway nommé désir.
Aux Etats-Unis, la chemise à carreaux en flanelle est un classique. Bien implantée chez des marques comme Ralph Lauren qui joue la carte workwear depuis que la mode est mode, elle s’est retrouvée sur les podiums de Marc Jacobs puis de Saint Laurent cet hiver. Chaude et facile à entretenir, elle est également très versatile et aussi à l’aise dans un vestiaire scandinave que preppy ou grunge. Comme la plupart des vêtements de travail, la veste est avant tout fonctionnelle. Elle est légère, chaude et dans des tons neutres. Les parkas, doudounes sans manches et bombers en peau retournée vous apporteront d’avantage de chaleur. N’hésitez pas non plus à enfiler une chemise-veste en dessous puisque la superposition est un des pilier du look workwear. Et pour une allure plus smart, optez pour des blousons à col classique aux airs nostalgiques.
Quelques marques pour un bon look workwear.
Comme de nombreuses pièces workwear, les pantalons de travail sont sortis des usines et chantiers pour s’immiscer dans les loisirs des cols bleus et également dans ceux des cols blancs. C’est le cas de la salopette Levi’s (bleu de travail américain) et du jean 501 des garçons de ferme. Les travailleurs ont commencé à porter leur uniforme en dehors des heures de labeur, et ceux-ci sont devenus des classiques universels. Les pantalons de travail en toile de coton ont suivi le même chemin. Les chinos de célèbres fabricants de look workwear comme Dickies et Dockers, sont des basiques intemporels qui ont trouvé leur place chez différentes tributs vestimentaires, des plus smart aux plus casual. Les plus robustes, utilisées sur les chantiers et provenant de marques comme Caterpillar ou Palladium, ne sont guère coquettes. Pas plus que les Timberland qui iraient pourtant bien à notre travailleur américain. En revanche, les Dr Martens, portées d’abord par les ouvriers anglais, sont une option légèrement plus raffinée de chaussures de sécurité. Donc, pour rester sur des boots lacées à bouts bombés sans sacrifier l’élégance au confort, on peut se tourner vers les modèles smart de chez Grenson ou Ann Demeulemeester par exemple, ou vers les chaussures de randonnée Fracap et Diemme. Ces dernières étant assez onéreuses, vous pouvez vous diriger vers des marques high street qui proposent des versions tout à fait correctes.
Cela fait quelques saisons que l’on trouve des sacs d’influence baroudeuse et nostalgique. Cette tendance a été repérée notamment chez les grandes maisons de prêt-à-porter de luxe comme Vuitton dont la collection homme de cet hiver se concentre sur le voyage et les explorateurs. Mais on trouve aussi ce type de sacs rétro à usage bien défini chez des marques tendance comme J.Crew et bien sûr Bleu de Chauffe qui s’est spécialisée dans les sacs de métiers.